Lundi 26 janvier, le gouvernement présentera devant le Parlement l’ensemble des dispositions prévues dans le projet de loi Macron. Le contexte politique va rendre plus difficile encore la mobilisation contre ce projet...

Celle-ci était déjà rendue compliquée par la multiplicité des domaines visés, le caractère peu explicite de certaines mesures prévues pour être complétées par des décrets, des ordonnances concoctées dans l’ombre des cabinets ministériels.

Cohérence dans la régression sociale
Passé au fil des semaines et des mois de « loi sur la croissance et le pouvoir d’achat » à « loi pour la croissance et l’activité », le texte porté par Macron s’inscrit complètement dans la logique du Pacte de responsabilité, c’est-à-dire toujours plus de « liberté du travail » pour les patrons, toujours moins de droit pour les salariéEs. Pour Hollande, « la loi Macron, ce n’est pas la loi du siècle, c’est une loi pour le siècle prochain »...
Mais ce n’est aussi qu’un des volets d’une politique entièrement au service du patronat. La question des seuils sociaux qui vise à limiter la représentation des salariéEs des plus petites aux plus grandes entreprises en est un complément essentiel, tout comme les dispositions sur la santé - retirées du projet de loi Macron (1) - qui seront examinées, plus tard, dans le cadre de la loi Touraine.

Tentatives de déminage
Lundi 12 janvier, une commission spéciale de l’Assemblée nationale se réunit pour se pencher sur les 1 600 amendements déposés sur les 106 articles du projet Macron. Depuis plusieurs semaines, des commissions ad hoc travaillent sur les principales mesures pour tenter de limiter les votes contre et les abstentions. Ces groupes de travail ont sondé les opposants au travail du dimanche et de nuit, les syndicats sur les questions des PSE, les représentants des professions « protégées » pour trouver les formulations, les modifications à la marge, qui pourraient permettre que se dégage une majorité de « gauche ». Pour le gouvernement, il s’agit d’éviter de passer par le 49-3 dont Hollande a refusé l’utilisation.

Construire la riposte
En effet, l’autre enjeu autour du projet Macron est celui de la réponse syndicale. Si l’attitude de la CFTC, CFE-CGC et CFDT est conforme à leur soutien inconditionnel au gouvernement, la discrétion, voire le silence, de FO, de la CGT et de la FSU, étonne mais surtout inquiète quant à la construction de la riposte. 
La seule initiative, à ce jour, est celle prise pour le lundi 26 janvier (voir article en page 9) par la coordination unitaire du syndicat du commerce parisien, le CLIC-P, dans la suite des mobilisations contre le travail du dimanche et de nuit. L’Union syndicale Solidaires au niveau national, ainsi que le Collectif 3A, l’Union départementale Paris et l’Union régionale CGT appellent à la mobilisation pour cette journée.
Mais de telles attaques imposent une large riposte nationale. En raison de la procédure d’urgence utilisée par le gouvernement, le temps est compté entre le démarrage du débat et sa conclusion, et ce ne sont pas les 1 600 amendements déposés sur le bureau de l’Assemblée nationale qui y feront obstacle...
Il est urgent que la mobilisation prenne de l’ampleur. Dans toutes les structures syndicales, la participation à la journée du 26 janvier doit être posée, mais aussi la prolongation de cette journée qui, à elle seule, ne permettra pas de faire reculer le gouvernement. Les militantEs du NPA se sont engagés dans cette construction. Nous devons être toutes et tous debout contre la loi Macron.

Robert Pelletier

1 – Sauf l’article 48, peu évoqué, qui prévoit de modifier le code de la santé publique et de privatiser le marché du plasma, ce qui pose des problèmes de sécurité (le contrôle des produits) et d’éthique.

http://www.npa2009.org/actualite/macron-contre-la-loi-il-y-urgence

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