À quoi peuvent bien servir les élections municipales face au trois gros problèmes auxquels nous sommes confrontés : un gouvernement PS-EÉLV entièrement au service d’un patronat qui demande et obtient toujours plus de cadeaux ; des réacs à l’offensive et un FN en embuscade ; des résistances réellement existantes mais encore trop faibles et trop dispersées ?

Disons le tout net, s’il n’y avait pas les listes anticapitalistes, des listes d’opposition de gauche, ces élections ne serviraient pas à grand chose tant les principaux prétendants – et les plus rares prétendantEs – se ressemblent... Leurs programmes sont semblables, et pour cause, ils se moulent tous dans l’austérité imposée par le gouvernement.
Les élus sortants PS oublient qu’ils ont condamné les coupes budgétaires... quand elles venaient de la droite. Ils se livrent tous ou presque à la même surenchère sécuritaire. Le Front national compte sur cette situation pour rafler un maximum d’élus municipaux, misant sur son image anti-système « UMPS », usurpée mais efficace.
Il est impératif que les listes soutenues ou présentées par le NPA, dans leur diversité, fassent les meilleurs résultats possibles, et permettent d’obtenir le plus d’éluEs.

Assumer l’indépendance pour s’opposer
S’il ne fallait qu’une seule raison pour voter et faire voter pour nos listes, ce serait bien évidemment la nécessité absolue de s’opposer à la politique du PS, et de ceux qui s’allient avec lui, que ce soit au gouvernement ou dans les municipalités. S’opposer impose de ne pas mettre le petit doigt dans la gestion, dans la participation aux majorités avec le Parti socialiste.
Cette question incontournable divise le Front de gauche et explique les configurations différentes des listes soutenues par le NPA. Indépendantes du PS au premier et au second tour, nos listes ont cherché à rassembler toutes celles et tous ceux qui font clairement ce choix : forces issues du Front de gauche, associations de quartiers, militantEs et militants syndicaux, associatifs...

Démocratie réelle et soutien aux mobilisations
Il faut aussi voter pour nos listes pour ne pas laisser l’extrême droite surfer sur le rejet du gouvernement pour distiller sa haine. En menant la campagne, dans les quartiers, sur les marchés, sur nos lieux de travail, nous entendons toutes et tous ces phases : « on a tout essayé », « c’est tous les mêmes », « moi je vais voter Marine », « ils ne seront pas pires »...
Nos listes permettent de dire clairement que oui, ils seront pires, et que non, on n’a pas « tout essayé »... En tout cas, on n’a pas essayé à grande échelle des éluEs non professionnels, des éluEs militantEs, qui font vivre une démocratie réelle, qui encouragent, participent, soutiennent et relaient les mobilisations de la population sans lesquelles rien n’est possible.

Tout un programme
Enfin, il faut soutenir nos listes pour le programme qu’elles défendent. Les situations locales sont évidemment différentes, mais il y a de nombreux points communs : la démocratie et l’égalité des droits, le refus de l’austérité et le partage des richesses, la défense et l’extension des services publics, le droit au logement...
Une exigence est portée par toutes nos listes, celle de la gratuité des transports collectifs. Alors qu’en ce mois de mars, les habitantEs des grandes agglomérations suffoquent à cause de la pollution aux particules fines, cette revendication apparaît dans toute sa pertinence... et son urgence ! Elle est le symbole d’un choix de société à faire, social et écologique : préserver la santé ; maintien ou retour au service public ; abandon des grands projets inutiles pour développer et améliorer les dessertes des quartiers périphériques comme des zones rurales ;  un aménagement du territoire qui ne soit plus soumis au tout voiture...

Et ce n’est pas fini !
Enfin nos listes doivent obtenir de bons résultats pour encourager la poursuite des regroupements engagés pour les municipales. En effet, parce qu’il faut beaucoup de noms pour faire une liste, parce qu’il faut distribuer beaucoup de tracts, coller beaucoup d’affiches, avoir beaucoup de discussions pour faire entendre nos propositions peu présentes dans les médias, ces élections ont été l’occasion de rassembler.
Rassembler des forces et des militantEs, agir ensemble, être présents dans les quartiers et sur les marchés, (re)construire sur le terrain des équipes qui seront utiles pour la suite, et en particulier dès le lendemain du scrutin pour préparer la manifestation du 12 avril.

Olivier Besancenot, Christine Poupin et Philippe Poutou

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